L’installation des plantes


La loi de base est très simple : on n’installe dans la rocaille que ce qu’on ne peut pas placer ailleurs dans le jardin.
- Les aubriètes ou alysses corbeilles-d’or sembleraient convenir fort bien, par leur faible hauteur. Mais comme elles poussent très vite, elles atteignent rapidement des tailles importantes qui rendent une rocaille moyenne ridicule. On les laissera dans les plates-bandes mixtes et les dallages, où elles prospèrent très bien.

Anthémis et oxalis

Il faut garder à l’esprit que la plante adulte devra avoir des dimensions en rapport avec la rocaille : pas plus de 50 centimètres de diamètre, par exemple, pour une rocaille de 15 mètres carrés environ, sauf s’il s’agit d’une plante poussant très lentement et qu’on pourra éclater pour la renouveler.

Le problème posé par les arbustes est plus délicat. Il faut s’assurer qu’ils ne seront pas mieux à leur place ailleurs et, surtout, qu’ils ne sont pas trop gros. Le conifère dormant, garanti "nain", peut se révéler gigantesque en dix ans. C’est le cas des pins Mugo, qui sont bel et bien nains, puisqu’ils n’atteignent "que" 2 à 3 m de haut, mais un conifère de rocaille ne devrait pas dépasser 1,20 m de haut et 60 cm de diamètre.

L’intérêt de la rocaille est qu’on peut y jouer le franc mélange. Le bariolage n’a pas beaucoup d’effets néfastes, les minéraux servant de liant à des couleurs ailleurs immariables.

On veillera à faire alterner les hauteurs, en se gardant de planter tous les végétaux élancés au sommet et tous les nains en bas. C’est le contraire, ou presque, qu’il faut faire.

Rocaille

Les plantes convenant à la rocaille sont issues de milieux très différents : acides ou calcaires, humides ou secs, ensoleillés le plus souvent, mais parfois ombrés. Il est simple de faire cohabiter ces diverses plantes dans une même rocaille. Cette dernière étant un milieu entièrement artificiel, on peut en faire varier les composants à son gré. C’est ainsi que l’on peut changer le contenu des plantes de terre "proches", pour faire voisiner ou presque les plantes de terre calcaire et de terre de bruyère, par exemple.
- Les plantes aimant l’ombre seront placées au nord ou à l’ombre de rochers ou encore d’un arbuste.
- Les plantes appréciant l’humidité seront installées dans un mélange riche en tourbe ou en terreau et dans le bas de la rocaille. Une autre solution consiste , en sol lourd en particulier, à installer la rocaille en "cuvette" : les rochers de base sont installés sur le pourtour, inclinés vers le centre qui est creusé légèrement en dessous du niveau moyen du jardin. L’eau s’écoule alors naturellement au centre.

Il est souhaitable de mêler des plantes fleurissant à des époques différentes ou les unes à travers les autres : tulipes sauvages à travers des arenarias, lis au milieu de rhododendrons nains...

Le collectionneur ou même l’amateur moyen finissent par avoir beaucoup de plantes dans la rocaille, dont il est difficile de se rappeler le nom et l’emplacement. On aura donc recours à l’étiquetage (sans en abuser, bien sûr ! ).
Personnellement, j’utilise des galets plats (ramassés dans la rivière) sur lesquels je marque à la peinture émaillée ce que je ne veux pas oublier, et je les dépose devant la plante à étiqueter. C’est plus discret que les étiquettes plastique !

Rocaille

Entretien
- La terre de base devra totalement être désherbée avant sa mise en place. Le plus simple consiste à s’y prendre quelques mois à l’avance. On étale la terre dans un coin du jardin et on l’arrose pour y faire germer l’herbe que l’on traite au désherbant à décomposition rapide. Il faut parfois plusieurs traitement successifs pour y parvenir.
- Lors de la mise en place des plantes, veiller à ce qu’il n’y ait pas d’indésirable dans la motte. Le vent, les oiseaux et les bottes du jardinier apporteront des graines. Il faut donc désherber à la griffe à main, une fois par semaine, surtout au printemps et à l’automne.

Épandre beaucoup de gravillons sous les touffes de plantes rampantes pour former une couche où circulera l’air, pour isoler les feuilles du sol et de la pourriture et pour décourager les limaces. De plus, les gravillons retiennent une grande partie de l’humidité de la terre.

Couper immédiatement les fleurs après floraison. Ne pas les laisser monter en graines (sauf si on souhaite récolter les graines). On maintiendra un joli coup d’œil et évitera l’épuisement inutile des plantes, qui restent plus trapues et mieux formées. Ainsi traitées, les plantes connaissent parfois une seconde floraison, plus timide mais appréciable en fin de saison.

La fourchette devient un bon outil entre les pierres serrées ou entre deux touffes qui se touchent. Utilisée en guise de mini-bêche, elle ne traumatisera pas les racines tout en aérant bien la terre.


Commentaires

Logo de Lutin vert
mardi 27 avril 2010 à 23h56 - par  Lutin vert

Attention au poids des matériaux utiles pour créer ce jardin sur une terrasse, ça fait très vite quelques tonnes . Assurez-vous d’abord de la solidité de la construction avant de provoquer un désastre !!!!

Logo de DanieC
mardi 27 avril 2010 à 19h30 - par  DanieC

j’ajoute que j’ai trouvé très intéressant la cuvette au centre de la rocaille, car je cherchais une idée pour avoir de jolis volumes
merci beaucoup

Logo de DanieC
mardi 27 avril 2010 à 19h26 - par  DanieC

votre article est très intéressant, mais je souhaiterais un complément. Je suis en train d’aménager sur une terrasse au 2ème étage, un jardin de 40m2. Drainage avec cailloux et graviers, un olivier vient d’être planté ds un bac de 1 m3, caché dans un monticule de terre. Sur l’un des versants, je vais aménager une rocaille, d’une dizaine de m2, quelles plantes me conseillez-vous, sachant que j’habite en Tunisie, en bord de mer, soleil et vent toute l’année, avec la rocaille ombragée l’après midi. La terrasse sera engazonnée avec des pas japonais pour faire le tour de l’arbre.
merci d’avance

Navigation

Articles de la rubrique