La greffe en écusson

ou écussonnage

C’est en théorie la technique la plus simple ; elle provoque en effet une toute petite plaie, susceptible de se cicatriser rapidement.

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La greffe en écusson peut s’opérer au printemps au moment de la montée en sève.
- Elle est alors dite "à oeil poussant", car le greffon se développe en même temps que se produit la soudure.
- L’écussonnage à œil poussant est surtout pratiqué dans le sud de la France, sur les rosiers et les agrumes, par exemple. Ailleurs, et pour la plupart des arbres fruitiers, on préfère la greffe en écusson "à œil dormant" que l’on effectue entre juillet et septembre. Dans ce dernier cas, le greffon reste inerte pendant toute la durée de l’automne et de l’hiver, et ne se développe qu’au printemps suivant, ce qui assure une très forte soudure.

La greffe en écusson consiste à glisser sous l’écorce du porte greffe un œil de la variété à multiplier. Cette greffe se pratique en pied, c’est à dire juste au dessus du collet du sujet, limite entre la tige et la racine de la plante. La greffe en pied concerne surtout les rosiers ou les arbres fruitiers taillés en fuseau ou en palmette. Elle peut également avoir lieu en tête, c’est è dire à l’extrémité d’une tige, pour les plantes destinées à avoir un tronc vigoureux.

La méthode
- Avec la pointe d’un greffoir, on effectue une incision de l’écorce du porte greffe, en forme de T, sur 3 cm de long environ. La spatule du greffoir sert à décoller délicatement l’écorce sans l’arracher. Une greffe en écusson ne sera fructueuse que sur un sujet bien en sève et dont l’écorce n’adhère pas trop. Les rameaux porte-greffons sont récoltés très peu de temps avant le greffage. le bois de ces rameaux doit être mûr, il casse au pliage. On utilise, de préférence, les yeux situés sur la partie médiane du rameau. Il convient, ensuite, de débarrasser la branche de ses feuilles tout en conservant les pétioles et les queues des feuilles. Pour prélever l’écusson, on pose la base de la lame du greffoir à 1 cm environ au-dessus de l’œil accompagné du pétiole. Par un mouvement tirant longitudinal, on fait glisser la lame du greffoir sous l’écorce pour détacher un écusson de 2 à 3 cm de longueur. Cette opération permet de tenir le pétiole à la main sans risque de toucher la partie très fragile qui est destinée à se souder au porte-greffe. L’écusson est immédiatement glissé sous l’écorce du sujet, en veillant à le placer dans le bon sens, l’œil dirigé vers le haut. La spatule du greffoir peut aider à faire pénétrer le greffon, sans l’abîmer, dans l’incision. Il est très important que le greffon soit entièrement en contact avec la partie à vif du sujet. Dans le cas où il serait trop long, on coupe délicatement la partie qui dépasse, en appuyant fermement la lame du greffoir dessus, dans la barre du T. Une fois l’assemblage bien en place, il est temps de ligaturer l’ensemble, en emmaillotant la greffe de préférence avec du raphia mouillé, bien lissé, en commençant la ligature en dessous de la greffe. L’œil doit rester à l’air libre afin de se développer sans contrainte.

Ecussonnage
- 1 : effeuillage du rameau portant les greffons
- 2 : prélèvement du greffon (écusson)
- 3 : entailler le sujet en T
- 4 : soulever l’écorce au bord de l’entaille
- 5 : glisser l’écusson sous l’écorce
- 6 et 7 : couper l’écusson à la barre du T
- 8, 9 et 10 : ligaturer soigneusement

Conseil :
- L’œil de la greffe sera placée face au vent dominant, afin que la pousse ne soit pas brisée par le vent.
- Il est nécessaire de s’assurer que l’écusson ne présente pas une esquille de bois, ce qui signifierait qu’au cours du prélèvement le greffoir a creusé un peu trop. Cette partie ligneuse doit être éliminée. Il faut la détacher délicatement, sans abîmer l’écorce. En cas d’incertitude, il est préférable de prélever un nouvel écusson.

Bourgeon

- Les débutants auront tout intérêt à poser 2 greffons sur le même sujet, de préférence à l’opposé l’un de l’autre. Les chances de réussite s’en trouveront doublées. Si les deux greffons reprennent, mieux vaut conserver celui qui est situé le plus bas. Les greffes en écusson ne réussissent qu’avec des porte-greffes jeunes ne dépassant pas 2 cm de diamètre (épaisseur d’un crayon). Si les plantes à greffer sont plus grosses, il faut faire appel à d’autres techniques.

La reprise
- Elle se manifeste d’une manière différente avec les greffes à œil dormant. Dans le premier cas, l’œil de l’écusson va développer une jeune pousse dans le mois suivant l’assemblage. Selon les conditions atmosphériques et les espèces greffées, les signes de reprise peuvent être plus ou moins longs à se manifester.
- Avec les greffes à œil dormant, c’est le pétiole accompagnant l’écusson qui sert de témoin de reprise. S’il tombe naturellement à l’automne, au moment de la chute des feuilles, c’est signe que la plante a retrouvé un rythme biologique normal, et donc que l’assemblage a été efficace. Lorsque l’œil de l’écusson a développé un rameau d’une trentaine de centimètres de longueur, on rabat le porte-greffe à environ 10 cm au dessus de la greffe. On dispose ainsi d’une sorte d’onglet qui va servir se support au palissage de la jeune pousse. Sans doute est-ce là le meilleur moyen d’obtenir en fin de saison une plante bien verticale - que l’on appelle un scion.
- Les plantes se ramifiant dès la base, comme les rosiers-buissons, n’ont pas besoin de cet onglet. Dans ce cas, le porte-greffe est coupé juste au-dessus de la greffe.
- Les écussons posés en tête demandent un bon tuteurage du porte-greffe, ainsi qu’un ébourgeonnage complet des pousses latérales qui se forment sur le tronc.


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