Avec mes 15 années d’expérience dans l’aménagement extérieur, je vous confirme que la construction d’un mur en parpaings est un projet accessible aux bricoleurs motivés. J’ai réalisé de nombreux projets similaires pour délimiter des espaces de culture ou créer des zones distinctes dans les jardins de mes clients. Aujourd’hui, je partage avec vous les techniques que j’ai perfectionnées au fil des années pour réussir cette construction durable.
Les fondations pour votre mur en parpaing
Pour construire un mur en parpaing solide et durable, je commence toujours par les fondations, véritable clé de la réussite. La stabilité de votre construction dépend entièrement de cette première étape cruciale. Au cours de ma carrière, j’ai constaté que de nombreux problèmes proviennent de fondations mal réalisées.
Je délimite d’abord l’emplacement précis du futur mur en utilisant des piquets, un cordeau et un traceur. Des chaises d’implantation (deux poteaux avec une planche horizontale et une corde) m’aident à définir parfaitement l’alignement. Ensuite, je trace une ligne au cordex pour matérialiser le mur.
Pour le creusement, je respecte ces profondeurs minimales :
- 25 cm pour un simple muret de jardin
- 40 à 50 cm pour des constructions plus importantes ou des piliers
- Plus profond dans les régions aux sols instables ou soumis au gel
- Largeur égale à celle du mur plus 10 cm de chaque côté
Une fois la tranchée creusée, j’aplanis soigneusement le fond et j’étale une couche de 10 cm de gravier que je nivelle au râteau. Cette base drainante évite les remontées d’humidité. Le béton des fondations doit être coulé en une seule fois pour garantir sa cohésion et sa résistance. Pour une semelle parfaitement solide, je préconise ce dosage : 1 volume de ciment, 2,5 volumes de sable et 3 volumes de gravier, avec suffisamment d’eau pour obtenir un mélange homogène mais pas trop liquide.
Dans les terrains instables ou pour des murs de plus de 1 mètre de hauteur, j’intègre systématiquement un ferraillage. Je laisse sécher au minimum 48 heures avant de commencer la construction proprement dite, davantage par temps humide.
Le montage du muret en parpaing
Pour le montage, je prépare d’abord un mortier de qualité. Un bon mortier est la garantie d’une adhérence optimale entre les parpaings. Je respecte scrupuleusement le dosage suivant : 1 dose de ciment, 4 à 5 doses de sable et 1/2 dose d’eau. Pour un sac de 35 kg de ciment, j’utilise environ 17,5 litres d’eau et 140 à 175 kg de sable.
Je commence par humidifier légèrement les fondations sèches pour favoriser l’adhérence du mortier. Puis je place les blocs d’angle (têtes de mur) à chaque extrémité et vérifie minutieusement leur verticalité avec un fil à plomb et leur horizontalité avec un niveau. Ces premiers blocs servent de référence pour tout le reste de la construction.
J’étale ensuite une couche régulière de mortier de 1 à 2 cm sur les fondations et je tends un cordeau entre les deux blocs d’angle pour guider l’alignement. La pose des parpaings se fait en laissant un espace d’environ 1 cm entre chaque bloc pour le joint de mortier.
Le montage des rangs suivants suit une procédure précise :
- Étaler une couche uniforme de mortier sur le premier rang
- Commencer le second rang avec des demi-blocs aux extrémités pour créer le motif en quinconce
- Vérifier régulièrement l’aplomb, le niveau et l’alignement
- Maintenir la disposition en quinconce sur tous les rangs suivants
- Protéger le travail en cours avec une bâche en cas d’interruption
Pour couper proprement un parpaing, je mesure précisément en enlevant 1 cm pour le joint, puis je fragilise la zone avec l’angle de ma massette avant de donner un coup sec et franc. La découpe nette des parpaings contribue grandement à l’esthétique finale du mur.
Outil | Utilité | Conseil d’utilisation |
---|---|---|
Truelle | Application du mortier | Nettoyer fréquemment pour éviter les résidus secs |
Niveau à bulle | Vérification de l’horizontalité | Contrôler après chaque rangée posée |
Fil à plomb | Contrôle de la verticalité | Utiliser sur toute la hauteur du mur régulièrement |
Massette | Ajustement et découpe | Tapoter doucement pour ne pas fissurer les blocs |
Les finitions pour valoriser votre construction
Une fois le mur monté, je conseille vivement d’appliquer des finitions pour plusieurs raisons : esthétique, protection contre les intempéries et durabilité accrue. Un mur en parpaings brut reste vulnérable face aux éléments et n’offre pas le rendu visuel que mérite votre jardin.
Pour un rendu professionnel, j’applique systématiquement un enduit. Le choix entre enduit traditionnel et monocouche dépend du temps dont vous disposez et du résultat souhaité. L’enduit traditionnel nécessite 2 à 3 couches (gobetis, corps d’enduit et couche de finition), tandis que l’enduit monocouche s’applique en une seule fois avec différentes finitions possibles : gratté, rustique ou taloché.
Pour protéger efficacement le sommet du mur contre les infiltrations d’eau, j’installe toujours un chaperon. J’ai constaté qu’un chaperon à deux pentes offre une meilleure protection en facilitant l’écoulement de l’eau de pluie loin de la structure. La fixation se fait avec un mortier-colle spécial extérieur pour garantir une adhérence parfaite.
Pour les jardins modernes, j’aime proposer l’ajout d’éléments décoratifs intégrés au mur : niches pour plantes aromatiques, inserts de briques ou de pierres naturelles pour créer des motifs. Ces détails personnalisés transforment un simple mur fonctionnel en véritable élément d’architecture paysagère.
Dans les zones exposées aux intempéries, j’applique également un traitement hydrofuge après séchage complet de l’enduit (comptez 3 à 4 semaines). Cette protection invisible prolonge considérablement la durée de vie de votre construction en empêchant l’eau de pénétrer dans les matériaux.